Le choc des cultures (premier episode) : JF francaise dans une famille de Marguilan (OUZ)
Il y a presque 2 semaines, j’ai franchi une nouvelle frontiere entre le Kirghizistan et l’Ouzbekistan au poste de Dortusk.
C’etait assez marrant de traverser a pied ce no man’s land, precede par des familles ouzbekes, suivie par une famille (tres grande) d’Azerbaidjanais. Tout s’est bien passé, aucun probleme en 45 minutes c’etait plie.
Je venais de passer quelques jours au sud du Kir a Jalal-Abad et Ortak, avec Sam et Hugh des anglais retrouves ici en Ouz.
Pour ceux qui font de frequents commentaries, a Jalal-Abad je faisais deja un peu moins “locale” car meme si la ville est au Kirghizistan l’ambiance avait beaucoup change par rapport au nord. Les gens avaient davantage des traits turcs (en tout cas moins “yeux brides”), les femmes portaient plus le foulard, les bazaars etaient hauts en couleurs et debordaient de melons et pasteques…. J’avais deja un pied dans l’ambiance ouzbeke et notamment dans la vallee du Fergana.
J’ai beaucoup aime le coin et il ne faut pas croire ce que disent les guides de voyage : il y a beaucoup moins de policiers qu’a Tachkent, c’est plus religieux mais en tant qu’occidentale vous n’avez pas besoin de vous couvrir de la tete aux pieds…
- Andijan ou comment etre l’attraction du bazar
Andijan voit tres peu de touristes (je comprends maintenant en voyant le reste de l'Ouzbekistan ce que cela veut dire!) alors quand un ou une debarque, ca cree de l’animation!
J’ai commence mon tour du bazaar en cherchant a changer de l’argent puisqu’ici on change a meilleur taux au marche noir. J’ai tres vite trouve. Hop hop en 30 secondes un mec arrivait avec une calculette.
Marche conclu pour 100 dollars. Je pensais qu’il allait me demander de le suivre pour me filer les billets discretement et bien non il est revenu au milieu du bazaar avec une liasse de billets. Je vous laisse imaginer : 1 dollars vaut 1300-1380 soms ouzbekes, donc 100 dollars ca fait 130 000 soms qu’on vous donne en billets de 1000 et parfois 500.
Le temps de recompter tous les billets, j’avais 30 personnes autour de moi….
A partir de ce moment le mot etait donne : une francaise etait dans le bazaar et tous les stands devant lesquels je passais, j’entendais “franssousse, franssousse”…Tout le monde voulait se faire prendre en photos, c’etait marrant mais moi qui voulais etre discrete, c’etait rate.
- Marguilan ou comment s’inventer une seconde vie
A Marguilan, j’ai trouve une famille chez qui dormir. Il y avait une vache dans la cour, des poules et des oies, la maitresse de maison cuisiniere a la fabrique de soie de la ville, la niece qui faisait la cuisine et le ménage de la maison, son mari chauffeur de taxi, leur fils de 2 ans, le mari de la maitresse de maison qui ne travaille plus mais qui prie beaucoup, son frere qui se construit une piece dans la cour de la maison.
Jai vu plein de choses interessantes et c’etait la premiere fois du voyage que le choc des cultures m’arrivait dans la face aussi fortement.
Bien sur tout ce que j’avais vu avant fait reflechir mais advantage sur notre facon de vivre, notre societe de consommation qui est entrain de les engloutir…Mais la c’etait autre chose et ca meriterait un bon article.
Neanmoins, les meilleurs echanges ont eu lieu avec le frere du mari de la maitresse de maison.
Tres vite il m’a demande si j’avais un mari, des enfants. Jusqu’ici a cette question, je repondais non. Meme si ce n’etait pas la vie des kirghizes rencontres, ca ne les travaillait pas plus que ca.
La, question de feeling je me suis dit qu’il fallait que je sorte mon joker du voyage : mon mari!
Il s’appelle Philou, il vit a Paris, adore le rugby et le Morvan, travaille dans les boues…
Je vous vois venir : quand je rentre je ne me facherai pas avec Dorothee, elle m’a prete un Philou virtuel pour 6 mois, la veille de mon depart J J’ai de la chance.
Voila alors je lui ai parle de mon mari et lui ai montre une photo. Bon il a fait tout de meme une tete bizarre devant la photo. Ben oui, je n’avais pas de photo de marriage, j’avais juste une photo de Philou et moi en bonnets, chaussures de ski devant un refuge du Mercantour…Et puis on etait pas tous seuls sur la photo puisqu’il y avait Hubert. Jai tres vite dit “ami, ami” en montrant Hubert, car mon effet allait vite tombe a l’eau. Le frere etait rassure et la photo a fait le tour de la maison.
La question mais comment fait votre mari tout seul. J’ai fait des signes : Philou sait passer le balai, faire cuire des pates et meme eplucher des legumes et il sait mettre une machine a laver le linge en route! Il est trop fort Philou.
Pour les enfants, j’ai dit bientot!
Alors second episode : mon pere.
Mon russe etait trop limite pour comprendre la subtilite des questions mais j’en ai bien compris le sens! Ou est votre pere? Comment vous laisse-t-il? Mais pour vous laisser faire “nimporte quoi” il est mort?
La je n’avais pas de joker : avant de partir personne ne m’a prete un pere qui m’interdirait de voyager, qui m’obligerait a me marier a 18 ans, qui m’interdirait de travailler et de porter des jupes au dessus des chevilles. Alors je n’ai rien repondu, et j’ai fait semblant de ne rien comprendre! J’ai juste bien dit que j’avais un pere et une mere, bien vivants, en France…
La grande majorite des filles ici, surtout dans la vallee dAndijan, ont des enfants a l’age de 18-20 ans. Leur mere choisit leur mari, ensuite elles partent vivre avec la belle-famille et a croire celles que j’ai rencontrees, ca peut etre l’enfer. Meme si elles ont fait des etudes, elles arretent de travailler net après avoir eu leur premier enfant.
Bien sur il y a des exceptions. Mais voila, pour nous c’est un autre monde et pour eux, nous vivons dans un autre monde et je suis persuadee que parfois le fosse est bien trop grand pour tenter d’expliquer quoi que ce soit. Donc je sortirai encore mon joker s’il le faut.
Bisous specialement a mon mari virtuel et encore de plus gros bisous a sa femme et la mini crevette…

Encore des photos sur http://picasaweb.google.com/marie.lianhua
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